Les campagnes

 

NICARAGUA : LES RAVAGES DE L'INDUSTRIE SUCRIERE

Plus de 3000 morts, 5000 malades, dont certains sont condamnés, un village fantôme, évacué en raison d'une épidémie, des hordes de veuves et d'orphelins, des eaux gravement polluées et un environnement sacrifié... on pourrait presque croire à un scénario de science fiction. Et pourtant, ce bilan est bien réel et il continue d'empirer à l'heure où nous lançons cet Appel. Il s'agit des conséquences de l'utilisation de pesticides pour l'exploitation de la canne à sucre au Nicaragua, plus particulièrement dans la région de Chichigalpa, dans l'Ouest du pays. C'est là, qu'en 1898, le chef d'entreprise Alfredo Francisco Pellas fonda la sucrerie San Antonio, l'une des plus grandes d'Amérique centrale, donnant ainsi naissance à l'une des entreprises les plus puissantes de la région. Là aussi que des dizaines de milliers de travailleurs ont donné les meilleures années de leurs vies, se tuant à la tâche dans ses immenses plantations, avant d'être victimes d'une maladie mortelle, l'insuffisance rénale chronique (IRC) causée par les pesticides abondamment utilisés par cette industrie. Selon le Groupe Pellas, « la responsabilité sociale d'entreprise est une valeur toujours présente dans (sa) philosophie d'entreprise » [1]] . Des paroles que l'on a du mal à croire devant l'extraordinaire passivité dont fait preuve cette gigantesque centrale sucrière depuis qu'elle est directement interpellée par les victimes directes de ses activités.

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